CAC 40: la guerre commerciale officiellement relancée
(CercleFinance.com) - La Bourse de Paris devrait débuter en forte baisse lundi matin suite à l'annonce par les Etats-Unis de l'imposition de nouveaux droits de douane sur les importations en provenance du Canada, du Mexique et de la Chine, une décision qui réveille le spectre d'une guerre commerciale.
Vers 8h15, le contrat à terme sur l'indice CAC 40 - échéance fin février - dévisse de 186 points à 7778 points, signe avant-coureur d'un lourd repli à l'ouverture.
Le président américain Donald Trump a officialisé ce week-end l'entrée en vigueur de nouveaux droits de douane à hauteur de 25% sur les importations en provenance du Canada et du Mexique, et de 10% sur les produits chinois.
En réaction, le premier ministre canadien Justin Trudeau a mis en place des contre-tarifs douaniers de 25% sur l'alcool, les vêtements, les appareils électroménagers et le bois importés des Etats-Unis.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a indiqué que son pays se préparait lui aussi à lancer des mesures de rétorsion contre les Etats-Unis.
De son côté, Pékin s'est opposé fermement aux mesures tarifaires américaines et s'est engagé à prendre des contre-mesures afin de protéger ses intérêts.
Les investisseurs craignent que les hausses des droits de douane prises par les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux viennent freiner une croissance mondiale pour le moment solide.
Les marchés d'actions mondiaux ont connu un bon début d'année jusqu'ici, mais une escalade du conflit commercial pourrait conduire les investisseurs à délaisser les actifs les plus risqués pour se tourner vers les valeurs refuges.
Signe du regain de nervosité sur les places financières, l'indice Nikkei décrochait de plus de 2,7% ce lundi, ce qui le conduit à accuser désormais un repli de 3,6% depuis le 1er janvier.
Le risque commercial pourrait par ailleurs venir compliquer un peu plus l'équation déjà délicate de la politique monétaire aux Etats-Unis.
Face à l'incertitude entourant l'arrivée au pouvoir de l'administration Trump, Jerome Powell, le président de la Fed, s'est abstenu mercredi dernier d'évoquer de nouvelles baisses de taux.
A Wall Street, les "futures" sur les grands indices new-yorkais perdent à ce stade entre 1,5% et 2,5%, laissant entrevoir une ouverture dans le rouge Outre-Atlantique.
Les marchés d'actions se trouvent aussi dans l'ombre du risque politique en France, où le gouvernement de François Bayrou a prévu de recourir au 49.3 cet après-midi pour faire voter son projet de budget, faisant courir au premier ministre le risque d'une motion de censure.
La semaine qui s'amorce sera en outre marquée par les publications d'Alphabet (mardi soir) et Amazon (jeudi) puis des chiffres de l'emploi américain pour le mois de janvier, qui tomberont vendredi.
Le retour au premier plan du dossier commercial entraîne une ruée sur les obligations d'Etat, ce qui conduit le rendement des Treasuries américains à 10 ans, véritable référence du marché, à reculer vers 4,52%, un plus bas depuis plus d'un mois.
Les projets de Donald Trump profitent en revanche au dollar, qui rebondit fortement face à l'euro après une relative stabilité la semaine dernière.
La monnaie unique retombe ce matin sous la barre de 1,0250 contre le billet vert, revenant ainsi en direction de ses planchers pluriannuels atteints le mois dernier.
Avec le retour de l'aversion au risque, l'or, valeur refuge par excellence, reste au plus haut à 2818,7 dollars l'once, même si la vigueur du dollar contraint le métal jaune à consolider à la marge.
Sur le marché pétrolier, le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) profite d'un mouvement acheteur et grimpe de 2% en 74 dollars en dépit des surtaxes sur les produits énergétiques canadiens, qui devraient peser sur la demande.
Le Brent de mer du Nord suit la tendance et s'adjuge 1,1% à 76,5 dollars.
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